Tuesday, May 31, 2016

Albert Dreux -- Raffinement


Raffinement

Quand, les sens apaisés et les yeux demi-clos,
Nous sentons, ô très chère, invincible descendre
Le beau calme animal neigeant comme une cendre
Sur le feu clair, ardent, qui flamboyait tantôt,

On est heureux! Le cœur s’endort, tout doucement,
Sans regret, sans frisson; et l’âme sans pensée,
On songe vaguement aux forces dépensées,
Et l’on flotte en un vague anéantissement.

Mais, lorsque nous avons refusé la folie
Et que nous n’avons pas voulu jusqu’à la lie
Boire la coupe entière et fade du plaisir,

Quel bonheur de garder l’aiguillon dans nos veines
Et de sentir toujours, comme un vol de phalène,
Planer autour de nous les oiseaux du désir.



Refinement

When, the senses quelled and eyes half-closed,
Beloved, we feel that beautiful, invincible, bodily
Calm descend, snowing like ash
On the bright hot fire that blazed for us,

We are happy! The heart drowses softly,
Without regret or trepidation; thoughtless,
We dream blurrily of our exertions just past
And drift toward a vague annihilation.

But, when we have resisted the madness
And have held back from quaffing to its lees
The entire, dull cup of pleasure,

What joy to have the spur still in our veins
And to feel yet, like moth-flutter,
All the birds of desire gliding around us.



No comments:

Post a Comment